L’Union européenne reconnaît le rôle stratégique de l’élevage avec une nouvelle stratégie pour l’élevage et un plan européen pour les protéines.


La Unión Europea reconoce el papel estratégico de la ganadería con una nueva Estrategia Ganadera y un Plan Europeo de Proteínas

23 de juillet de 2026

Innovación
Cambio climático y gestión de recursos naturales
Calidad y cadena alimentaria

Bruxelles considère l'élevage comme une activité stratégique pour la sécurité alimentaire, la cohésion territoriale et la compétitivité européenne.


  • Bruxelles considère l'élevage comme une activité stratégique pour la sécurité alimentaire, la cohésion territoriale et la compétitivité européenne.

  • La nouvelle feuille de route définit cinq priorités d'action et vise à réduire la dépendance extérieure aux protéines végétales grâce à une production communautaire accrue.

La Commission européenne a franchi une étape importante dans l’élaboration de la politique agroalimentaire post-2027 avec la présentation de la première stratégie européenne pour l’élevage et d’un plan européen pour les protéines . Ces deux instruments reconnaissent l’importance stratégique du secteur de l’élevage pour la sécurité alimentaire, l’emploi rural, la cohésion territoriale et l’autonomie stratégique européenne, tout en établissant une feuille de route pour améliorer sa résilience, sa compétitivité et sa durabilité dans un contexte marqué par l’incertitude géopolitique, le changement climatique et la volatilité des marchés.

La nouvelle stratégie, présentée par la Commission européenne le 7 juillet, repose sur un constat clair : l’élevage européen est confronté à des défis majeurs liés à la hausse des coûts de production, à la pression réglementaire, aux épizooties, aux phénomènes météorologiques extrêmes et à la faible rentabilité de nombreuses exploitations. Selon Bruxelles, cette situation a contribué au déclin continu des effectifs du cheptel dans plusieurs secteurs au cours des dernières décennies.

Parallèlement, la Commission souligne l’importance économique et sociale de l’élevage dans l’Union européenne. Ce secteur représente environ 40 % de la valeur ajoutée agricole européenne, génère un chiffre d’affaires annuel de près de 400 milliards d’euros, soutient environ sept millions d’emplois et repose sur quelque quatre millions d’exploitations agricoles réparties dans toute l’UE.

Cinq priorités pour l'avenir de l'élevage européen

La stratégie européenne pour l'élevage s'articule autour de cinq grandes priorités.

  1. La première étape consiste à bâtir un secteur plus résilient et mieux préparé aux crises en renforçant les outils de gestion des risques, en développant des mécanismes d'assurance et en améliorant les capacités de prévention et de réponse aux maladies animales. La Commission prévoit également de collaborer avec la Banque européenne d'investissement afin d'améliorer les instruments de couverture contre les risques climatiques et sanitaires.

  2. La deuxième priorité vise à favoriser un secteur plus compétitif et rentable en encourageant l'innovation, la numérisation et la diversification des sources de revenus pour les exploitations agricoles. Bruxelles souligne également l'importance de renforcer la position des producteurs dans la chaîne de valeur et de promouvoir des normes réciproques dans le commerce international.

  3. Le troisième axe prioritaire concerne la durabilité environnementale et le bien-être animal . Les mesures prévues comprennent la révision de certaines normes relatives au bien-être animal, l'élaboration de méthodologies harmonisées pour le calcul des émissions des exploitations agricoles et la promotion de systèmes d'élevage adaptés aux caractéristiques de chaque région.

  4. La quatrième priorité vise à garantir un élevage viable dans toutes les régions européennes , notamment dans les zones vulnérables à l’abandon des terres et au dépeuplement. Dans ce domaine, la Commission souhaite renforcer les systèmes d’élevage extensif, soutenir les petits abattoirs et consolider les filières locales.

  5. Enfin, la stratégie vise à renforcer l’ excellence de la production européenne , en valorisant davantage les normes communautaires élevées en matière de qualité, de sécurité alimentaire, de bien-être animal et de durabilité, ainsi qu’en renforçant les systèmes d’étiquetage et de promotion.

Un plan européen pour les protéines afin de réduire les dépendances

Parallèlement à la stratégie relative à l’élevage, la Commission a lancé un plan européen pour les protéines visant à réduire la dépendance aux importations de matières premières destinées à l’alimentation animale.

Actuellement, seule une faible part des protéines issues des oléagineux et des cultures protéagineuses consommées dans l'UE est produite sur son territoire. C'est pourquoi Bruxelles propose d'accroître significativement la production européenne et de porter l'autosuffisance en protéines à 35 % d'ici 2035 , en renforçant les liens entre agriculture, alimentation, bioéconomie, énergie et industrie.

La Commission estime que cette initiative contribuera à renforcer l’autonomie stratégique européenne face aux perturbations géopolitiques et commerciales potentielles, et à générer de nouvelles opportunités économiques pour les agriculteurs et les éleveurs.

Le MAPA souligne que la rentabilité est une condition de réussite

Du côté espagnol, le ministre de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation, Luis Planas, a salué la Stratégie européenne pour l'élevage et le Plan européen pour les protéines.

Concernant le plan protéique, Planas a souligné qu'il constitue un outil essentiel pour renforcer l'autonomie stratégique de l'Union européenne dans un contexte caractérisé par l'incertitude géopolitique et la volatilité des marchés internationaux.

Concernant la stratégie pour l’élevage, le ministre la considère comme une initiative « nécessaire et opportune » pour relever les défis majeurs auxquels est confronté un secteur stratégique pour la sécurité alimentaire, l’équilibre territorial et l’économie rurale. Il a également souligné que le succès de ces deux initiatives doit reposer sur une approche garantissant la rentabilité des agriculteurs et éleveurs européens.

Un document qui aura un impact sur le débat relatif à la PAC après 2027

La nouvelle stratégie européenne pour l'élevage intervient à un moment crucial pour l'avenir de l'agriculture européenne. Au-delà des mesures spécifiques annoncées, ce document réaffirme que l'élevage restera une activité stratégique pour l'Union européenne et un élément essentiel de la sécurité alimentaire, de la gestion des terres, de la biodiversité, de l'économie rurale et de l'autonomie stratégique de l'UE.

Son évolution au cours des prochaines années et son intégration éventuelle dans la future PAC façonneront une grande partie du débat agricole européen sur la compétitivité, la durabilité et le renouvellement générationnel dans les zones rurales.

« Farm Europe » : une opportunité de redynamiser l’élevage en Europe

La présentation de cette stratégie a également été saluée par les organisations agroalimentaires européennes. À cet égard, le think tank Farm Europe considère ce document comme un tournant majeur dans l'approche de l'UE en matière d'élevage, reconnaissant explicitement son rôle stratégique pour la souveraineté alimentaire, la vitalité économique des zones rurales et la résilience territoriale de l'Union.

L’organisation souligne tout particulièrement que Bruxelles replace une fois de plus les animaux d’élevage au centre du système agroalimentaire européen et exige que cette stratégie se traduise désormais par des instruments concrets, un financement suffisant et des mesures capables d’enrayer les pertes continues de bétail enregistrées dans de nombreux États membres ces dernières années.

Sources : Commission européenne (Stratégie de l'UE pour l'élevage et Plan européen pour les protéines), ministère espagnol de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation (MAPA) et Farm Europe.